Saison 2019

Stage Cascade de Glace et Dry Tooling

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Jour 1 – Lundi 25 février

Réveil à 7h, nous partons pour Aiguilles, un site de cascade artificiel idéal pour amorcer les hostilités. Voyant que le lieu est noir de monde, nous nous rabattons vers Ceillac et atteignons sans difficulté le bas des Formes du Chaos. La glace est fine et l’eau ruisselle par endroits… le beau temps dure depuis plusieurs semaines et nous arrivons un peu tard en saison.

Jérémy installe trois moulinettes, deux en glace et une en dry-tooling pendant que Charlie nous rappelle les bases des manips de corde. Nous découvrons les premières sensations de l’escalade sur glace, apprenons à bien placer piolets et crampons pour que l’ancrage tienne, nous vissons nos premières broches… journée riche en découvertes !

Nous quittons les lieux vers 18h et rentrons à Vallouise. Une fois le matériel mis à sécher, l’équipe chauffée à bloc se retrouve devant une belle tartiflette. Nous échangeons des récits de montagne jusque tard dans la nuit.

Jour 2 – Mardi 26 février

Jérémy et Charlie arrivent un peu avant 8h avec les croissants. Nous partons vingt minutes plus tard direction Aiguilles avec la ferme intention de piochoner les cascades que nous n’avons pas pu grimper la veille. Au programme : grimpe en tête et atelier de préparation pour les grandes voies.

Nous perfectionnons nos coups de piolet sous le regard attentif de Jérémy, car gare aux fautes techniques : à mal tenir les pioches, on s’épuise vite ! Nous découvrons dans l’après-midi des itinéraires plus engagés et un nouveau vocabulaire: assiettes, cigares, draperies, méduses… Pendant ce temps, Charlie vérifie notre savoir-faire sur les manips au relai. Nous sommes prêts à attaquer des cascades de plusieurs longueurs !

La journée se conclut sur un devoir à la maison: préparer la course du lendemain. Nous préparons donc les Filles de la Monta (La Monta, Queyras) en analysant les cartes, les conditions météo, le bulletin d’estimation du risque d’avalanches (BRA)... c’est la grande aventure qui commence!

Jour 3 – Mercredi 27 février

Après une bonne heure de route, nous atteignons le départ des Filles de la Monta : sept longueurs dans le 4 entrecoupées de pentes de neige faciles. Alors que nous arrivons sur les lieux, trois autres cordées sont déjà dans la première longueur. Nous décidons de les laisser prendre de l’avance. Jérémy en profite pour nous expliquer comment régler la longueur de corde et les différentes techniques d’anneaux de buste.

Nos quatre cordées attaquent finalement la goulotte en début d’après-midi. Les longueurs s’enchaînent assez facilement et nous goûtons au plaisir du réversible.  Vers 16h, nous nous rassemblons au bas de la 5e longueur. L’horaire étant avancé, nous décidons finalement de redescendre. La neige et les barres rocheuses de l’itinéraire de descente nous obligent à rester encordés, puis à tirer un rappel pour rejoindre le chemin. Nous rentrons un peu avant 20h, épuisés, mais heureux de s’être attaqués à cette belle goulotte!

Jour 4 – Jeudi 28 Février

Nos aventures continuent sur la cascade de Razis dans la vallée de Crévoux. Après une heure d’approche, nous accédons à la fameuse cascade, très formée et bien bleue. Nous installons deux lignes sur le côté droit, et chacun la grimpe en tête. Pendant ce temps, certains d’entre nous s’essaient à une ligne plus difficile, au centre de la cascade. Jérémy en profite pour nous faire travailler des placements de crampons, et notamment la position en quart-externe qui permet de gagner de l’allonge.

Sur le trajet du retour, nous essuyons une petite coulée : un morceau d’une cascade voisine se détache et entraîne avec lui la neige de la pente. La neige recouvre le chemin, mais aucun de nous n’est complètement enseveli. Plus de peur que de mal, mais un bel avertissement concernant les risques en montagne.

Jour 5 – Vendredi 1er mars

Nous chargeons dès le matin nos gros sacs et partons vers le Toit des Chèvres pour une journée de dry-tooling. Nos cordées installent quatre voies, nous échangeons les lignes une fois gravies. Le dry-tooling est exigeant en terme de placement et de condition physique, c’est l’outil idéal pour progresser en cascade et en mixte. Jérémy et Charlie nous laissent très libres de tenter de nouvelles choses : Vincent s’attaque à un toit tandis que Ismaël sort une voie particulièrement difficile. Nous rentrons finalement en milieu d’après-midi pour attraper nos divers transports… direction Paris.

 

Au global, une très belle rentrée pour le groupe espoir alpinisme Ile-de-France ! Ce stage nous aura non seulement appris les méthodes de glace et de dry, mais aura aussi permis de souder l’équipe pour les deux années à venir. Nous ressortons galvanisés et sur-motivés pour le prochain stage !

Stage Grandes Voies au Verdon

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Jour 1 – Mercredi 29 mai 2019

Après un réveil matinal, nous prenons la route vers le secteur de Chalanettes pour commencer par quelques couennes. La marche d’approche nous plonge d’emblée dans l’ambiance : la sente étroite serpente entre les bosquets de buis, le thym en fleurs et les bouquets de genêts. Sous l’œil attentif de Charlie et Jérémie, nous grimpons quelques voies et commençons à découvrir l’élégance du calcaire local. A la mi-journée, nous gagnons Le Galetas pour notre première grande voie de la semaine: Adieu Zidane (5 longueurs, 6a). Les rappels en fil d’araignée nous mettent tout de suite dans l’ambiance… ! Les longueurs se suivent et ne se ressemblent pas, elles contournent d’imposants surplombs via de superbes traversées en dalle à gouttes d’eau, le tout sur fond de Lac de Sainte Croix... grandiose.

Jour 2 – Jeudi 30 mai 2019

Désert la veille, le camping du Grand Canyon à La Palud sur Verdon s’est repeuplé dans la nuit. Les Groupes Espoir Alpinisme des différentes régions arrivent pour le rassemblement national, et nous sommes désormais près de cent-vingt sur place. Dans l’effervescence, nous décidons de faire deux groupes : certains d’entre nous partent pour Free Tibet (Moyen Eycharme, 7 longueurs, 6a+) tandis que les autres se lancent dans Afin que nul ne meure (Escalès, 5 longueurs, 6a). L’équipement assez large des premières longueurs de Free Tibet nous sert de prétexte pour placer quelques cablés, qui tiennent en place… ou pas ! Nous expérimentons le Cade 0, technique locale de protection consistant à sangler les troncs d’arbre accessibles.

Jour 3 – Vendredi 31 mai 2019

Il est temps de passer aux choses sérieuses : Jérémie brûle de nous faire découvrir quelques voies historiques. Nous formons à nouveau deux groupes. Certains d’entre nous s’attaquent à THT (Mainmorte, 5 longueurs, 6a), tandis que les autres rejoignent le Jardin des Bananes pour défier la légendaire Belle Fille Sûre (L’Escalès, 5 longueurs, 6b+) des frères Rémy. Coincés au cœur de la roche, nous découvrons la « renfougne »  et autres moyens de progression plus ou moins catholiques… on est bien loin des blocs de Fontainebleau ! Sous l’œil goguenard des lézards, nous tirons, poussons, ahanons pour avancer, centimètre par centimètre. C’est en sueur et non sans mal que nous sortons la voie, épuisés, mais fiers d’avoir exploré cette ligne ! La journée se finit en beauté par un repas partagé avec les autres Groupes Espoir.

Jour 4 – Samedi 1er juin 2019

Les voies de la veille ont galvanisé l’équipe : nous prévoyons deux grandes voies pour la journée, à l’aplomb de la Dent d’Aire. Une fois n’est pas coutume, nous grimpons deux voies voisines : certains s’aventurent dans Atelier Clandestin (4 longueurs, 6c+) tandis que d’autres explorent Pas de prélude pour Hervé (5 longueurs, 6a+). Les deux itinéraires nous étonnent par leur diversité, tantôt en dévers à bacs, tantôt en dalle à gouttes, en passant par d’étonnantes formations de choux-fleurs bien rugueux ! Nous avalons un morceau dans le jardin intermédiaire, puis rejoignons tous ensemble le bas de El Gringo Loco (3 longueurs, 6a). Dans la lourdeur de l’après-midi, les vautours surveillent notre ascension… on se croirait au Nevada ! Nous profitons de la soirée pour se retrouver tous ensemble et échanger sur la journée.

Jour 5 – Dimanche 2 juin 2019

C’est en plus petit comité que nous attaquons une autre voie historique, Monnier (4 longueurs, 6a+) dans le moyen Eycharme. La vallée desertée par les CAFistes retrouve ses droits : pendant la marche d’approche, nous tombons nez-à-nez avec un chamois. Dans la voie, nous avançons au gré des bosquets aromatiques qui jalonnent le parcours. L’itinéraire offre de nouveau une remarquable diversité, passant de gradins faciles à écaille à Dülfer pour finir sur un remarquable dièdre renfougne.


Le groupe est désormais prêt pour le prochain stage de l’année : terrain montagne !

Stage Terrain Montagne

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Jour 1 - Lundi 22 juillet

Nous nous retrouvons à l’aube devant la gare de Briançon pour rejoindre le secteur de la Casse de Presles.  Au programme : quelques révisions de manips, placement de coinceurs et assurage en mouvement ! Pour bien débuter ce stage Terrain Montagne, nous équipons quelques couennes avec des friends et cablés. Nous nous entraînons ensuite à l’assurage en mouvement, en apprenant notamment à gérer la longueur de corde sur un petit parcours au bas des voies. On démarre en douceur… mais rien ne vaut quelques rappels pour bien commencer un stage !

Jour 2 - Mardi 23 juillet

Nous traversons une partie du massif en direction des Etages. Le programme de la journée consiste à monter jusqu’au refuge du Soreiller puis profiter de l’après-midi pour continuer notre formation à l’assurage en mouvement sur un terrain de jeu grandeur nature. Nous montons sous un soleil de plomb… mais la vue sur la majestueuse Dibona galvanise les troupes ! A la fin de l’après-midi, après deux heures de parcours dans du III, nous sommes prêts à nous lancer pour une course d’arête.

Jour 3 - Mercredi 24 juillet

Hélas ! Les chaleurs caniculaires n’épargnent pas le massif, et d’importants orages sont prévus en milieu de journée. Notre programme s’en trouve modifié : nous renonçons à la Tête du Rouget et entreprenons d’attaquer la voie normale de la Dibona, la « combinaison » (également appelée voie Berther-Boell-Stofer), en espérant pouvoir la finir avant les orages. Nous ne sommes manifestement pas les seuls : dès l’attaque, nous croisons de nombreux grimpeurs engagés dans Visite Obligatoire, la Madier, Coup de Bambou… La voie est cependant libre pour la Combinaison, nous lâchons donc nos trois cordées dans l’itinéraire.

Mais la progression est très lente : nous sommes décidément plus habitués à la résine des SAE qu’au rocher des Ecrins. Plus, trois cordées à la queue-leu-leu, voilà de quoi perdre beaucoup de temps par inertie du groupe. Nous atteignons finalement la vire Boell en milieu d’après-midi, après beaucoup d’attente et un peu d’escalade. A quatre longueurs de la fin, nous décidons de redescendre en rappel pour s’épargner de l’orage qui gronde.

Jour 4 - Jeudi 25 juillet

Fort de l’expérience de la veille, nous scindons le groupe. Deux d’entre nous partent avec Charlie pour la Centrale du Soreiller, tandis que les quatre autres optent pour l’Occidentale du Soreiller avec Jérémy. Deux courses d’arête de difficulté similaire, non loin l’une de l’autre, un terrain de jeu idéal pour mettre en pratique l’assurage en mouvement. Cette fois, nous prenons en main toute la course, le but étant d’être pleinement autonome. Nous progressons plus rapidement que la veille dans le superbe rocher du Soreiller, en alternant l’assurage en mouvement, la protection par béquets et l’installation de quelques pointes pour les passages les plus exposés. Cette fois, nous parvenons à tenir l’horaire. L’équipe de Charlie finit même en beauté en rejoignant la voie normale de la Dibona.

Journée presque parfaite… s’il on excepte les événements du soir. De retour vers le Freyssinet (où nous avons établi notre camp de base), nous découvrons que la route est coupée par d’importantes coulées de boue. Le chemin retour devenu impraticable, le voyage qui devait prendre une heure se retrouve transformé en quatre longues heures de voiture. Nous voilà donc obligés de contourner tout le massif, et presque redescendre jusqu’à Gap pour rejoindre Briançon. Bref, les grands projets du lendemain s’en trouvent altérés eux aussi, et nous devons revoir notre programme à la baisse.

Jour 5 - Vendredi 26 juillet

La solution la plus simple semble d’aller faire une grande voie à Ailefroide. Nous nous y rendons donc, avec l’ambition d’attaquer Snoopy ou la Fissure d’Ailefroide. Néanmoins, il faut se rendre à l’évidence : le réveil tardif, l’état de fatigue des troupes et l’horaire des trains retour ne permettrons pas de finir ces voies. Nous décidons donc de perfectionner nos techniques de coinceurs sur la paroie école de la Draye. Et, pour évaluer nos compétences, nous nous lançons quelques challenges : faire un relai sur coinceurs en moins d’une minute trente, grimper une paroi en dalle le plus vite possible, etc.

En bref, un stage Terrain Montagne excellent malgré les aléas climatiques. Ce stage nous aura permis d’améliorer nos techniques de terrain d’aventure et de nous familiariser avec l’assurage en mouvement. Mais il faudra attendre l’année prochaine pour chausser les crampons et progresser sur glacier.

COMITE REGIONAL ILE DE FRANCE
5 rue Campagne Première
75014  PARIS
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